Quelques conseils de lectures, quelques conseils pour la lecture

(actualisé le ) par Marie Perret

Conseils de lectures (bibliographie partielle et partiale)

- Alain, Eléments de philosophie. Paris, Ed. Gallimard, 1941.
- Hannah Arendt, Condition de l’homme moderne. Paris, Ed. Calmann-Lévy, 1961.
- Claude Bernard, Introduction à la médecine expérimentale. Paris, Ed. Bordas, 1966.
- Emil Cioran, De l’inconvénient d’être né. Paris, Ed. Gallimard, 1973.
- Georges Canguilhem, Ecrits sur la médecine . Paris, Ed. Du Seuil, 2002.
- Marcel Conche, La liberté. Paris, Ed. Les Belles Lettres, 2011.
- Nicolas de Condorcet, Cinq mémoires sur l’instruction publique. Paris, Ed. GF-Flammarion, 1994.
- René Descartes, Le discours de la méthode, in Oeuvres philosophiques, Paris, Ed. Garnier, 1967.
- René Descartes, Méditations métaphysiques I et II, in Oeuvres philosophiques, Paris, Ed. Garnier, 1967.
- René Descartes, Traité des passions de l’âme, in Oeuvres philosophiques, Paris, Ed. Garnier, 1967.
- Epictète, Lettre à Ménécée. Paris, Ed. Hatier, 2015.
- Nicolas Grimaldi, L’inhumain, Paris, Presses Universitaires de France, 2011.
- Georges Gusdorf, La parole. Paris, Presses Universitaires de France, 1952.
- Pierre Hadot, Qu’est-ce que la philosophie antique ? Paris, Ed. Gallimard, 1995.
- G.W.F Hegel, Introduction à l’esthétique. Le beau. Paris, Ed. Flammarion, 1979.
- Thomas Hobbes, Le citoyen ou les fondements de la politique. Paris, Ed. Flammarion, 1982.
- David Hume, Enquête sur l’entendement humain. Paris, Flammarion, 1983.
- Christian Jambet, Qu’est-ce que la philosophie islamique ? Paris, Ed. Gallimard, 2011.
- Vladimir Jankélévitch, Le pardon. Paris, Ed. Montaigne, 1967.
- Marc Jimenez, Qu’est-ce que l’esthétique ? Paris, Ed. Gallimard, 1997.
- Emmanuel Kant, Qu’est-ce que les Lumières ? Paris, Ed. GF-Flammarion, 1991.
- Emmanuel Kant, La religion dans les limites de la simple raison, Paris, Ed. Hatier, 2000.
- Alexandre Koyré, Du monde clos à l’univers infini. Paris, Ed. Gallimard, 1973.
- John Locke, Lettre sur la tolérance. Paris, Ed. Mille et une nuits, 1998.
- Maurice Merleau-Ponty, La prose du monde. Paris, Ed. Gallimard, 1969.
- Jean-Michel Muglioni, Repères philosophiques. Comment s’orienter dans la pensée. Paris, Ed. Ellipses, 2010.
- Friedrich Nietzsche, La généalogie de la morale. Paris, Ed. Gallimard, 1971.
- Platon, Ménon. Paris, Ed. Garnier, 1967.
- Platon, Apologie de Socrate. Paris, Ed. Bertrand-Lacoste, 1994.
- Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes. Paris, Ed. Flammarion, 2008.
- Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social. Paris, Ed. Flammarion, 2001.
- Baruch Spinoza, Ethique, Paris, Ed. GF-Flammarion, 1965.
- Baruch Spinoza, Traité théologico-politique, Paris, Ed. GF-Flammarion, 1965.
- Baruch Spinoza, Traité de la réforme de l’entendement, Paris, Ed. Gallimard, 1964.
- Jean-Pierre Vernant, Les origines de la pensée grecque. Paris, PUF, 2002.
- Francis Wolff, Notre humanité. Paris, Ed. Fayard, 2010.

Quelques conseils pour lire un livre de philosophie

1. Choisir un livre :

Selon ses goûts.

Vous pouvez faire votre choix en fonction de l’objet du livre (le thème vous intéresse, il vous permet d’approfondir tel ou tel point du cours, etc.). Comme le titre n’est pas toujours explicite, on peut, pour se faire une idée des questions abordées par l’auteur, aller sur internet ou lire la quatrième de couverture.

Selon le style de l’ouvrage.

Autre critère permettant de déterminer votre choix : le style d’écriture. Il n’y a pas de langage philosophique, mais des styles qui varient en fonction de l’auteur et des ouvrages. Cette palette se déploie entre deux limites : la rigueur quasi mathématique (langage univoque, méthode démonstrative) et la poésie (Nietzsche, par exemple, écrit sous forme d’aphorismes). Suivant son tempérament, mais aussi son goût du moment, on peut préférer tel ou tel style.

Un choix pragmatique.

Vous pouvez aussi choisir, dans cette liste, les ouvrages qui vous sont proposés au CDI : ils sont nombreux !

2. Avant de se lancer dans la lecture :

Ce qu’il faut savoir avant d’ouvrir le livre.

Dîtes-vous que ce ne sera pas forcément une partie de plaisir. Du reste, ce qui procure de la joie nécessite souvent de la peine, de l’effort, un peu de labeur. Les livres de philosophie sont souvent d’un abord déconcertant, voire rebutant : en raison du vocabulaire qui peut être conceptuel, de la technicité des analyses et des démonstrations, des questions qu’ils posent et que, spontanément, on n’aurait pas songé à poser. Mais c’est fait exprès : pour dissiper les confusions de la pensée spontanée, il est nécessaire de forger des concepts ; pour sortir des fausses questions et des débats stériles, il est nécessaire de construire des problèmes ; pour ne pas sombrer dans le dogmatisme, il est nécessaire de construire une argumentations rigoureuses. Cette première impression désagréable disparaît généralement au fil et à mesure de la lecture. Ce qui prouve que rien n’est intéressant en soi, mais que n’importe quel livre peut l’être pourvu qu’on fasse l’effort de s’y intéresser.

Prendre exemple sur le randonneur.

Si vous ne voulez pas renoncer au bout de la troisième page, prenez exemple sur le randonneur. Ce dernier, lorsqu’il commence à marcher, évite de regarder vers la cime pour ne pas se décourager. Il se concentre plutôt sur chaque pas. Dîtes-vous que ce n’est pas grave si vous ne parvenez pas au bout. Votre lecture peut être féconde sans être pour autant exhaustive. Ne paniquez pas si vous ne comprenez pas tout : il est impossible de tout comprendre à la première lecture. A l’inverse, ne soyez pas victime de l’illusion que vous ne comprenez rien : il est toujours possible, en se concentrant, de comprendre ponctuellement tel ou tel passage.

3. Pour que la lecture soit féconde :

Ces livres ne se présentent pas sous la même forme : certains sont des dialogues, des recueils d’articles, de petits essais, une analyse de distinctions conceptuelles figurant dans le programme de philosophie des classes terminales (cf. le livre de Jean-Michel Muglioni). La façon de les lire dépend très largement de la forme : ainsi, s’il est préférable de lire un dialogue intégralement, on peut ne lire que quelques chapitres d’un essai, ou encore un article du recueil.

S’emparer du livre.

On ne lit pas un livre de philosophie comme on lit un journal. On ne lit pas un ouvrage dont on peut faire un usage scolaire comme on lit un roman pour se divertir. Le livre que vous choisirez de lire n’est pas une source d’information ou l’occasion de vous délasser : il doit être l’objet d’une méditation. Vous devez donc vous emparer de l’ouvrage, le prendre en main, le lire de façon active. Cela suppose une posture corporelle : le mieux est d’être assis, de pouvoir souligner les passages importants au crayon et de prendre des notes sur un carnet, une petite fiche cartonnée ou bien sur votre ordinateur (pourquoi ne pas utiliser votre logiciel de notes ?).

S’approprier le livre.

Commencez toujours par identifier clairement l’objet du livre, sa nature, le problème qu’il soulève, l’idée directrice, et, le cas échéant, sa structure. Ces indications sont souvent présentées explicitement par l’auteur dans sa préface, son introduction ou sur la quatrième de couverture. Si le livre contient un appareil critique, vous pouvez aussi vous aider des indications que donne celui qui en a établi l’édition dans l’avertissement, la préface ou l’introduction. Les éditions scolaires contiennent des dossiers et des notes souvent précieuses. Prenez soigneusement ces indications en notes. Elles permettent d’avoir une première « cartographie » de l’ouvrage ainsi qu’une « boussole » pour vous orienter.
N’hésitez pas à passer sur ce que vous ne comprenez pas. Ce n’est pas grave si votre lecture est « flottante ». Concentrez-vous, en revanche, sur les passages qui vous semblent importants : lisez-les attentivement, notez la thèse et les arguments qui la soutiennent. N’hésitez pas à noter telle ou telle citation. Mais ne vous contentez pas des citations : pour s’approprier l’idée d’un auteur, il faut faire aussi un travail de reformulation. Notez également vos propres commentaires (dans une autre colonne qui fait face aux notes que vous prenez, entre crochets ou, encore, dans une police différente) : interrogations que le passage suscite en vous, objection à laquelle vous pensez, exemple permettant d’illustrer l’idée, qualification du passage (« il me semble confus », « il me paraît très pertinent », etc.), usage que vous pourriez faire de ce passage en dissertation, etc. Ces commentaires sont aussi une façon de vous approprier le livre, de l’intégrer à vos préoccupations, à votre méditation.

Autrui comme « pierre de touche ».

La pierre de touche est une petite tablette utilisée en orfèvrerie pour tester les alliages ou les métaux précieux. Si vous voulez vérifier que vous avez compris ce que vous avez lu et que vous vous l’êtes réellement approprié, parlez-en autour de vous. Expliquez à d’autres (vos parents, vos camarades, etc.) ce que vous avez compris, ce que vous n’avez pas compris, ce qui vous a intéressé, ce qui vous a rebuté. C’est un excellent test : ces échanges permettent souvent de clarifier ses propres idées et de comprendre... qu’on avait pas compris ou qu’on avait mal compris. Ce qui est la seule façon de se mettre en position de comprendre vraiment.

Marie Perret

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